IP multiples sous Debian 10 (IP failover)

Debian 10, aka Buster est actuellement la dernière version stable de la distribution serveur Debian (OS Linux). Et d’ailleurs, au moment de la rédaction de cet article la dernière version de Debian en date est la 10.3, publiée le 8 Février 2020.

Si vous êtes sur cette page, c’est que vous avez nécessairement une machine avec Debian 10 installé (ou alors que vous aimez beaucoup lire mes articles et je vous en remercie grandement), ça peut être une machine physique à la maison ou au bureau, un serveur dédié chez l’un des divers fournisseurs de ce type de service (Online/Scaleway, OVH/Kimsufi, Amen, Ikoula, Soyoustart, etc. pour ne citer qu’eux), une machine ou un serveur virtuel ou du cloud, et en vérité peu importe 🙂

Mais c’est aussi parce qu’à minima, vous souhaitez installer une seconde adresse IP sur cette distribution. On parlera d’IP failover, comprendre une adresse IP supplémentaire qui est « basculable » d’un serveur à un autre pour permettre la continuité de service de vos sites internet même en cas de plantage du serveur (avec des manipulations, certes, mais minimes). Le second intérêt de ce type d’IP failover est de pouvoir gérer plusieurs IP sur un même serveur, cela permet par exemple de mettre des sites clients sur votre machine (si jamais vous vendez des solutions d’hébergements optimisées complémentaires à vos prestations de site internet et/ou de référencement naturel, ce que pour rappel, je propose également : suivez le guide, l’auto promotion ne fait pas de mal ^^) mais est également utile pour le référencement naturel puisque vos sites qui se balancent des liens ne le feront plus à partir de la même IP, c’est toujours mieux que d’avoir 500 sites sur une seule IP, bien que je ne conseille pas de prendre 500 adresses IP dans ce cas.

Et si je vous fais ce tuto spécial Ip failover pour Debian 10, c’est tout simplement parce que la documentation et les tutos sur le net ne sont pas nombreux et pas à jour (pour Debian 10), donc pas exploitables en l’état pour gérer vos IP failover.

Mais trêve de blabla, rentrons dans le vif du sujet. Le nécessaire pour réaliser ce tuto :

  • Avoir une distribution Debian 10 installée et fonctionnelle
  • Un client SSH (un terminal sous linux/MacOS ou un client type Putty sous Windows)
  • Un accès root à la Debian 10
  • Avoir à minima une seconde adresse IP failover disponible

Et c’est tout, easy. Le temps moyen pour réaliser ce tuto est de 2 à 5 minutes. Let’s GO.

  • Connectez vous en SSH à votre Debian 10
  • Passez en mode root avec la commande suivante
user@server:~# su -
  • Editez le fichier de gestion de l’adressage IP « interfaces », personnellement j’utilise vim, mais vous choisissez votre éditeur préféré (nano, atom, etc.)
root@server:~# vi /etc/network/interfaces

Vous allez normalement voir ça :

Contenu du fichier interfaces pour ajouter/modifier des IP failover sur Debian 10
  • Passez en mode modification (ou pas, si vous utilisez nano vous modifiez directement)
  • Ajoutez votre/vos IP failover comme suit :
Ajout de 4 IP failover sur Debian 10 dans le fichier interfaces

Un peu d’explications ? Mais bien sûr : Donc sous la ligne « allow-hotplug eno1 » nous avons la ligne « iface eno1 inet dhcp » qui gère le DHCP, comme son nom l’indique, mais qui nous donne surtout le nom de l’interface réseau sur laquelle on va pouvoir ajouter nos adresses IP failover 🙂 Il s’agit de eno1. par extension on va venir greffer nos IP failover à cette interface en lui donnant du « 😡 » ou x est le numéro incrémentiel sur lequel on va connecter l’IP failover, ou disons la sous-interface. Il est TRES IMPORTANT à la fin de la ligne de déclaration « iface » de bien noter « static » et surtout pas « dhcp » puisque vous ajoutez une adresse IP failover statique !

A noter que sur les versions précédentes de Debian, la nomenclature était différente et ressemblait plutôt à ça :

Interface réseau pour les anciennes versions de Debian

Et on venait y ajouter les sous interfaces eth0:0, eth0:1, etc. Ce qui est différent sous Debian 10 puisque les ajouts d’IP failover se font sur la nouvelle interface, comme vu précédemment, la eth0 n’existant plus.

Pour finir, les sous-interfaces ino1 seront donc nommées ino1:0, ino1:1, etc. (par convention, mais vous mettez ce que vous voulez).

Il faudra bien penser à remplacer IP.FAILOVER.NUMERO.X (1, 2, 3 et 4 dans mon exemple) par vos adresses IP Failover, sinon ça ne passera pas.

Le Netmask 255.255.255.255 est le même pour toutes les adresses IP que vous pourriez ajouter. A noter qu’il existe d’autres lignes qu’il est possible d’ajouter, mais honnêtement, je ne vois pas leur intérêt et il y a des risques de plantage, donc je vous conseille de vous limiter à ces 3 lignes pour chaque IP failover (le iface eno1:x, la ligne address et la ligne netmask).

  • On enregistre le fichier « interfaces » quand toutes les adresses IP failover sont ajoutées
  • On active les IP failover, soit en activant les sous-interfaces, soit en redémarrant le réseau (personnellement je préfère activer les sous-interfaces, c’est moins risqué)

Pour activer les sous-interfaces (à adapter à chacun des noms de vos interfaces hein) :

ifup ino1:0
ifup ino1:1
ifup ino1:2
ifup ino1:3

Pour redémarrer le réseau :

systemctl restart networking

Voilà c’est fait. Vous n’avez plus qu’à vérifier que les adresses IP failover de votre Debian 10 soient bien enregistrées en les pingant à partir d’une autre machine que le serveur lui même évidemment..

Et comme d’hab, n’hésitez pas à commenter, partager vos expériences et hurler en bougeant les bras dans tous les sens si ça ne fonctionne pas chez vous 🙂

A propos de Tony (35 Posts)

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